FAMA : French American Mural Art
2026
FAMA Besançon, L.E.O. x Rouge
Avec le festival bien urbain
Pour FAMA Besançon, l’Ambassade des États-Unis d’Amérique et Hypermur se sont associés au remarquable festival Bien Urbain qui fêtait sa dixième édition en juin 2021, pour inviter les artistes L.E.O. (Miami) et Rouge (Bordeaux). Ensemble, les deux peintres figuratifs ont créé un diptyque captivant alternant couleur et noir et blanc, chargé de symboles qui offre de multiples lectures sur les discriminations raciales en France et aux États-Unis.
Le destin extraordinaire d'Eugene Bullard
Sur la partie de gauche, L.E.O. raconte aux habitants de Planoise, l’histoire de Eugene Bullard dont il peint un portrait imposant et charismatique.
Né dans les années 1910, Eugene Bullard quitte les États-Unis à l’adolescence pour se rendre en France où, d’après son père, « on juge un homme à son mérite et pas à la couleur de sa peau ». Il ment sur son âge pour pouvoir s’engager dans l’armée française durant la Première Guerre Mondiale, durant laquelle il devient le premier pilote de chasse noir de l’histoire.
Successivement boxeur, artiste de cirque, batteur de jazz, patron de club parisien, il participe ensuite à la Seconde Guerre Mondiale avant d’être évacué vers les États-Unis. Largement méconnu des deux côtés de l’Atlantique, Eugene Bullard a pourtant reçu de nombreuses décorations et honneurs militaires ainsi que la Légion d’Honneur en 1959. Sur le fuselage de son avion, on pouvait lire « All blood runs red ».
Les conditions de vie des personnes noires aux États-Unis est un thème central de l’œuvre du jeune peintre de Miami. Lors de son dernier voyage en Europe, il l’avait déjà mêlé de façon puissante à son histoire personnelle et familiale pour le festival In Walls We Trust.
Rouge détricote la "couverture républicaine"
Concernant la partie de droite peinte par Rouge, c’est l’artiste elle-même qui en parle le mieux :
"Lorsque L.E.O m’a proposée de répondre au portrait d’Eugène Bullard, j’ai pensé qu’une scène intime, anonyme, pourrait dialoguer avec cette biographie d’exception. Car si l’incroyable parcours d’un homme est possible malgré le racisme systémique, le mérite seul, dans le contexte de Planoise, me semble une fiction dangereuse. D’un côté, il y a le possible, de l’autre, les conditions sociologiques qui rendent ce possible rare.
J’avais envie depuis longtemps de réfléchir à la couverture républicaine, cet universalisme à la louche qui étouffe le témoignage de ceux que l’on ne souhaite français que lorsque leurs exploits glorifient la nation. Sur cette fresque, une femme brode une deuxième étoile sur un T-shirt de foot de l’équipe française.
"Elle le fait car coudre c’est lier, c’est reconnaître la maille manquante, c’est repriser, simplement, silencieusement, sans gloire."
Elle le fait car cette victoire c’est la sienne : le coton est le sien, les fils qui remportent la victoire sont les siens, le tissus national, elle l’a cousue de génération en génération. C’est un geste vain ; comme broder un crocodile sur un polo n’a jamais dupé un adolescent.
Elle le fait car soudainement les maillots à 1 étoile sont obsolètes et qu’il faudrait en acheter des nouveaux, chers, dans un circuit mondial de fabrication qui continue de faire du bénéfice sur le dos des plus démunis à chaque étape de sa production et de sa distribution.
Mais elle le fait aussi car l’identité nationale est fluctuante, incertaine, inconstante ; on la donne et on la reprend, on s’y identifie par moment, on s’en écarte à d’autre. On fait corps autour d’une victoire. On a honte parfois d’en être. On ne sait plus trop au juste.
Elle le fait car coudre c’est lier, c’est reconnaître la maille manquante, c’est repriser, simplement, silencieusement, sans gloire.
Rappelons simplement que penser à l’autre comme un étranger c’est prendre le risque d’être l’étranger de quelqu’un.
La peinture n’abrite et ne soigne personne. Elle ne suffit jamais. Mais on était là, on a rencontré, on a essayé de comprendre, on a mis nos oreilles au coeur et on a fait ce qu’on a pu. On était jamais bien sûr d’être au bon endroit, d’être légitime, de comprendre. Et des gens autour de nous nous on soutenu, remercié, ému.
J’aurai aimé pouvoir écrire quelque chose de mieux. Mais je n’en ai pas les armes.
Ecouter « Kiffe ta race » serait un bon début pour tous." Rouge
2021
FAMA Paris, AJ Dungo x Da Cruz
Avec le festival ourcq living colors
Pour FAMA Paris, l’Ambassade des États-Unis d’Amérique et Hypermur se sont associés au festival Ourcq Living Colors, dans le 19ème arrondissement pour inviter l’auteur-illustrateur de Los Angeles AJ Dungo et le graffeur parisien Da Cruz. Ensemble ils ont choisi de représenter un personnage multicolore dans une vague qui semble submerger la rue de l’Ourcq.
Le motif de la vague, cher à AJ Dungo, l’auteur du roman graphique In Waves (Casterman, 2019),
symbolisera ici la capacité des personnes à surmonter les tragédies, les événements, les épreuves, en tant qu’individus mais aussi collectivement.
On pensera bien sûr en ce moment aux vagues de contamination du Covid-19, mais aussi à la devise de la ville de Paris « Fluctuat nec mergitur », qui fut fièrement brandie ces dernières années en réponse à une autre vague, celle du terrorisme. Le personnage peint par Da Cruz - multicolore, multiethnique comme l’est le 19ème arrondissement, apparaît comme une référence universelle à un art des quatre coins du monde, celui du masque africain, polynésien ou de l’art précolombien. S’agit-il d’une femme ? S’efforce-t-elle de garder la tête hors de l’eau, vague après vague, épreuve après épreuve ? Est-elle submergée ou au contraire domine-t-elle cette difficulté ? S’agit-il d’une divinité qui nous envoie cette déferlante ? Ou bien est-elle une allégorie des efforts de nos nations, de la société française ou de celle des États-Unis, qui résistent à la vague planétaire du Covid ? À chacun de construire son récit.
L'association Cultures Pas Sages organise depuis maintenant 9 éditions le festival Ourcq Living Colors aux abords du Canal de l’Ourcq.
Les artistes AJ Dungo et Da Cruz ont pu rencontrer les élèves des collèges Edgar Varèse (Paris 19) et Gabriel Péri (Aubervilliers) ainsi que des associations Korhom et Cafézoïde.
Cette œuvre en duo franco-américain a été co-produite dans le cadre du projet FAMA par Hypermur, l'Ambassade des États-Unis d'Amérique et l’association Cultures Pas Sages avec l’aide de la Mairie du 19ème arrondissement.
2021
FAMA Niort, Dave Van Patten x prendslefacile
Avec le festival LE 4ÈME MUR
Pour FAMA Niort, l’Ambassade des États-Unis d’Amérique et Hypermur se sont associées au festival Le 4ème Mur organisé depuis 2010 par la Ville de Niort et l’association Winterlong Galerie pour inviter le dessinateur et muraliste californien Dave Van Patten (Long Beach) à réinterpréter une ancienne fresque de la ville en collaboration avec l’artiste peintre en lettres prendslefacile (Paris).
Les deux artistes ont choisi de représenter le phénomène des « bulles cognitives » ou la façon dont les réseaux sociaux et leurs algorythmes nous abreuvent de contenus conformes à notre façon de voir le monde, renforçant ainsi les opinions et polarisant la société.
Tous les deux dans un style rétro, Dave Van Patten et prendslefacile ont mêlé leurs langages graphiques - l’un la figuration et l’autre la typographie - à la fresque pré-existante de l’artiste espagnol Escif, lui donnant ainsi un sens nouveau. Le personnage qui ramassait auparavant une pièce d’un euro, semble désormais mettre le feu à ce téléviseur qui oppose les individus en deux camps antagonistes, pour libérer (et ouvrir) les esprits et faire place au dialogue. Ce phénomène de polarisation de la société par les réseaux sociaux s’avère très contemporain et parle autant aux États-Unis des années post-Trump, qu’à l’approche de nouvelles élections présidentielles en France.
Surmontant cette composition, le mot « change » est inscrit dans la typographie « Banco », une police d’écriture traditionnelle
inventée par le typographe français Roger Excoffon en 1951, qui a orné bien des enseignes de bar-tabacs en France, mais a également connu son succès ensuite aux USA grâce au logo magazine de skate iconique Thrasher et les vêtements qui en ont découlé. Une typographie qui fait la passerelle entre les cultures française et américaines, pour écrire le mot « change » qui se lit aussi bien dans les deux langues.
Les artistes Dave Van Patten et prendslefacile ont pu rencontrer les élèves du collège Jean Zay et du Lycée Saint-André, ainsi que des associations du quartier. Toute la réalisation de l’oeuvre a également été accompagnée et documentée par les étudiants en L2 Information-Communication de l’Université Catholique de l’Ouest, encadrés par leur professeure Mihaela Dramba.
Cette œuvre, fruit d’un duo franco-américain, a été co-produite dans le cadre du projet FAMA par Hypermur, l'Ambassade des États-Unis d'Amérique, la Ville de Niort et l’association Winterlong Galerie, Festival Le 4ème mur, dirigée par Eric Surmont.
2021
FAMA Marseille, La Morena x Difuz
Avec l'association planètes émergences dans le cadre du projet "au bonheur de l'autre"
Pour FAMA Marseille, l’Ambassade des États-Unis d’Amérique et Hypermur se sont associées à Planète Émergences pour inviter la street artiste apache & chicana La Morena (Phoenix) en duo avec l’artiste marseillais Difuz. Ensemble, en novembre 2021, ils ont créé une œuvre monumentale à quatre mains sur les murs du quartier du Plan d’Aou, dans le 15ème arrondissement de Marseille.
Ce diptyque nous parle d’ici et de là-bas, du Plan d’Aou et de l’Arizona, et de la recherche de ses origines et de son héritage culturel. Les deux artistes ont tous les deux consacré une période de leur vie à la recherche de leurs origines - Difuz en Amérique du Sud, et La Morena en se rapprochant des communautés amérindiennes de sa ville.
Le Plan d’Aou est un quartier excentré et isolé du nord de Marseille dont on ne présente généralement que les faits divers et la criminalité. Là, sur deux murs qui font face à une nouvelle aire de jeux, La Morena et Difuz ont choisi de représenter deux enfants. Le personnage de Difuz porte des références aux communautés du Plan d’Aou comme cette guitare comorienne ornée d’un autocollant Psy4, du nom du fameux groupe de rap de Soprano, célébrité originaire du quartier. La Morena, quant à elle, a représenté sa fille portant une amulette et un bracelet amérindiens, en train d’observer un colibri et une vague dans l’océan.
Les deux enfants semblent sûrs d’eux, confiants, fiers de leurs richesses multiculturelles, et concentrés sur ce qui compte le plus pour eux : l’art et la nature.
Le projet FAMA Marseille a été porté localement par l’association Planète Émergences, dans le cadre de son projet « Au bonheur de l’autre ».
Ce projet de l’association initié en 2020 associe création artistique et cohésion sociale pour célébrer l’entraide, la solidarité et la bienveillance collective dans les quartiers prioritaires de Marseille. À la suite des Magiciens de la Ville et dans le cadre du dispositif Rouvrir le Monde soutenu par la DRAC PACA, le projet Au Bonheur de l’Autre invite au retour à l’espace public et à une mise en lumière du vivre-ensemble.
Planète Émergences reçoit le soutien de la DRAC PACA, du Département des Bouches-du-Rhône, de la Région Sud et de la Ville de Marseille.
Les artistes La Morena et Difuz ont pu rencontrer et échanger avec de nombreux enfants et jeunes du quartier, notamment grâce à la Médiathèque et l’association ADAP13, et grâce à la curiosité des enfants du voisinage.
Cette œuvre en duo franco-américain a été co-produite dans le cadre du projet FAMA par Hypermur, l'Ambassade des États-Unis d'Amérique et l’association Planète Émergences.
Retrouvez l’œuvre sur le bâtiment Le Goéland, rue des Malouins 13015 Marseille
2021
FAMA Metz, Sofahood x Bérénice Milon
2023
FAMA Paris - Los Angeles, Katbing x Kekli
2024
Avec : Katbing (Los Angeles) & Kekli (Paris)
Pour : Ambassade des États-Unis d'Amérique & Ville de Paris
FAMA Angers, Alexis Diaz x Loraine Motti
Après Besançon, Paris, Niort, Marseille et Saint-Ouen, c’est à Angers que le projet FAMA fait escale avec une collaboration des artistes Alexis Diaz (Porto Rico) et Loraine Motti (Lyon). Ensemble, ils ont réalisé une œuvre de 215m2 à l’angle de l’Allée François Mitterrand et de l’avenue de la Constitution, au dos du cinéma Pathé, sur le thème de l’écologie et de la fragilité des écosystèmes.
Le projet FAMA Angers est porté localement par la Ville d’Angers avec la direction artistique d’Eric Surmont (Agence Déjà-Vu) et s’inscrit dans la saison 2022-2023 d’Échappées d’Art.
À première vue, la composition de Loraine Motti et Alexis Diaz pourrait sortir tout droit d’un ouvrage de naturaliste du 19ème siècle. Mais à y regarder de plus près, on voit ici une chimère mi-poisson, mi-bouteille plastique et là, une baleine-boîte de conserve qui nous adressent un message clair sur l’impact de nos déchets déversés en masse dans les océans. Au centre de l’œuvre se trouve un autre genre d’hybride, géographique cette fois. On y voit un cœur humain fusionnant avec une île à la végétation étrange et foisonnante. Cet élément central parachève le sens général de cette œuvre en forme d’alerte : nous sommes nous-mêmes des écosystèmes. En détruisant la nature, c’est nous-mêmes que nous détruisons.
Dès son premier jour en fonction, l’un des premiers gestes de Joe Biden a été d’enclencher la réintégration des Etats-Unis d’Amérique dans l’Accord de Paris visant à limiter le réchauffement climatique à un niveau inférieur à 2 degrés par rapport au niveau préindustriel. Ce geste fort a permis à la fois de réactualiser le lien entre la France et des États-Unis, et de marquer la volonté forte des États-Unis d’être plus actifs dans la lutte contre le réchauffement climatique.
De son côté, la Ville d’Angers accorde une grande importance à la place de la biodiversité en ville, ce qui lui valu d’être récemment élue meilleure commune de plus de 100 000 habitants pour la biodiversité. Le thème choisi par les artistes apparaît donc comme un enjeu contemporain fort, essentiel, prioritaire autour duquel se retrouvent les États-Unis d’Amérique et la Ville d’Angers, où les arts et la culture sont en dialogue continu avec les enjeux de la nature et de la transition écologique.
2022
FAMA St Ouen, Rex Hamilton x Caroline Dervaux
À Saint-Ouen, les artistes Caroline Derveaux (Saint-Ouen) et Rex Hamilton (Austin, Texas) ont réalisé ensemble une œuvre monumentale de 30 mètres de haut au 92 avenue Michelet.
Sur le mur, il y a deux personnages, une femme et un homme, portant des maillots qui rappellent aux audonien.ne.s les couleurs du Red Star.
2022
Avec : Caroline Derveaux & Rex Hamilton
Pour : Ambassade des États-Unis d'Amérique & Ville de Saint-Ouen-sur-Seine
FAMA St Quentin, Aliya Smith x Bilel Allem
2023